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Darrera modificació: 2026-06-23 Bases de dades: Sciència.cat
Hirel, Sophie, "De la fiancée ensorcelée à la belle-mère empoisonneuse ? Sortilèges et poisons à la cour de Jean Ier d'Aragon (1371–1387)", e-Spania, 54 [=Le crime de poison dans la littérature hispanique médiévale (XIIe-XVe siècle), Sophie Hirel - Hélène Thieulin-Pardo, eds.] (2026), (pub. electrònica).
- Resum
- Cet article interroge la construction des accusations portées contre deux femmes de l'entourage du futur Jean Ier d'Aragon, en les replaçant dans un ensemble plus vaste de représentations au sein desquelles les notions de venenum et de maleficium entretiennent des frontières souvent poreuses. L'objectif n'est pas de déterminer la réalité des faits, mais d'analyser les logiques discursives qui transforment certaines morts (en l'occurrence, celle de Jeanne de France en 1371 et celle de Pierre IV d'Aragon en 1387) en crimes par ensorcellement ou empoisonnement. Dans les deux cas, les principales suspectes sont des femmes : une sage-femme (Bonanada), une veuve (Marie de Portugal), et une femme « de mauvaises mœurs », dans le premier ; la reine veuve Sibylle de Fortià dans le second. Il s'agira ici de comprendre pourquoi ces morts-là, précisément, ont été réinterprétées, reconstruites ou repensées à travers le prisme d'un sort ou d'un poison fatal et de questionner les motivations sous-jacentes qui ont conduit à attribuer ces décès à un crime aux frontières « floues », pour reprendre une expression de Chiffoleau, situé entre l'ensorcellement et l'empoisonnement1. Pourquoi, dans certaines circonstances politiques particulièrement tendues, ce type de crime semble-t-il devenir le véhicule privilégié d'une interprétation des événements tragiques ? Quel rôle l'historiographie et la littérature médiévales ont-elles joué dans la construction de ces récits et dans l'instrumentalisation de la figure féminine à travers ce prisme empoisonné ?
- Matèries
- Bruixeria
Dones
- URL
- https://journals.openedition.org/e-spania/60819
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